Faire plus que ce que nous entreprenons
« Les réflexions sur la crise économique actuelle à partir d’une perspective franciscaine » constituent le thème principal de la présente édition des News. Fr Bill Short OFM encourage, à cet effet, à réfléchir sur les problèmes, qui sont plutôt étrangers à notre conception franciscaine de vie ; dans la crise financière et économique actuelle il s’agit cependant d’un modèle de comportement, qui est très éloigné de ce que les hommes et femmes franciscains pensent, vivent et font. Cependant nous n’avons réellement rien à faire avec le Hedge funds, la spéculation des sommes des plusieurs millions, les payements des bonus très élevés et la valeur d'actionnaires. La facilité de l’existence, qui devrait être propre au modèle de vie franciscaine, est incompatible avec ce monde.
Et avec cela la spiritualité franciscaine entre encore en jeu. François suit à la lettre cette insouciance, que Jésus recommande et explicite par l’exemple des lis des champs et des oiseaux du ciel (Mt 6, 26-30). Personne avant lui et peut-être aussi après lui, ne l’a vécu d’une manière aussi conséquente et en a fait son affaire propre. Ainsi il poursuit la vision d’un monde juste dans tous les secteurs, d’une civilisation de l’amour – non seulement entre tous les hommes, mais aussi envers les animaux et toute la création, envers tout ce qui existe. Au centre de cette vision écologique formelle se situe l’évangile du caractère pacifique de Jésus, de son humilité, comme le soutient volontiers François. L’homme peut rester ainsi libre et sans intention – mais hélas oui car c’est exactement le secret de Jésus, le secret d’un François d’Assise – seulement s’il se sent protégé et porté par la présence de Dieu de telle manière, qu’il perd le sentiment de peur autour de lui-même et s’il ne doit pas se sécuriser et s’assurer.
C’est pourquoi comme le dit François, il a épousé
Non seulement durant cette époque mais aussi actuellement, les hauts responsables de l’église avaient rejeté cela comme des rêves naïfs. Cela n’a pas inquiété ni découragé François, mais au contraire il a plutôt poursuivi inlassablement sa certitude intérieure : « Dieu Lui-même m’a révélé ». Si nous faisons de nouveau nôtre cette certitude et la vision de l’Esprit, alors nous pouvons être sûrs que Dieu est encore aujourd’hui avec nous et que nous, en tant qu’hommes et femmes franciscains, nous pouvons faire plus que ce que nous entreprenons.
Andreas Müller OFM
La crise économique d’un point de vue franciscain
L’une des plus graves crises économiques de notre époque ébranla le monde en septembre 2008 et est encore loin d’être maîtrisée. Dans un exposé tenu à la fin du mois d’octobre 2009 lors de la rencontre du Comité International de CCFMC à Frascati, Fr William Short OFM présenta un point de vue franciscain sur ce phénomène, ses causes et les leçons à en tirer. Nous le résumons ici pour nos lecteurs et lectrices. William Short est professeur de la spiritualité chrétienne à l’institut supérieur de la théologie franciscaine à Berkeley.
Quel apport peut apporter dans cette thématique une perspective franciscaine sur le commerce théorique mais aussi pratique ? A cette question Fr Bill Short propose des pistes des solutions pour des éventuelles réflexions et réponses :
1. Le désir ardent de s’enrichir aux dépens des autres est le commencement du péché
François d’Assise écrit dans son 2ème admonition que le péché d’Adam se résume en un désir ardent de prendre, de s’accrocher et de s’approprier. Une importance particulière incombe à Bill Short suite au mot utilisé dans le texte original en latin appropiare, donc s’approprier. A travers l’appropriation des biens, donc la prise de possession de quelque chose, qui ne m’appartient pas –car tout appartient à Dieu et nous sommes, de ce fait, seulement des simples gérants–, est plantée la semence du mal. Le contraire d’une telle dynamique du péché est la dynamique du Christ et de l’évangile ; elle consiste à vivre de façon à ne pas prendre des choses pour s’en approprier plus tard.
La cupidité et la convoitise, peu importe à l’époque de François ou actuellement, se trouvent, par conséquent, en contradiction avec l’Esprit de Dieu. Elles sont des « fardeaux et des péchés » et ne proviennent pas de Dieu. A elles s’opposent exactement le partage et le renoncement, comme cela est décrit d’une façon exemplaire dans la parabole du bon samaritain de l’évangile de Luc.
2. L’exploitation des pauvres est un péché contre Jésus
Les pauvres sont les représentants de Jésus et devraient, par conséquent, être traités avec respect, déclare Bill Short. Comme exemple il cite un épisode de la vie de saint François : François réprimande un frère, qui avait critiqué un pauvre homme, à présenter des excuses à ce dernier, car « quiconque, qui insulte les pauvres, offense Jésus dont les pauvres portent le drapeau, car Jésus s’est fait pauvre pour nous dans le monde. »
Les spéculations avec les valeurs des titres des propriétés, qui ont occasionné la crise actuelle, ont porté particulièrement préjudice aux pauvres. Bill Short déclare qu’il n’est pas bon de traiter injustement un homme, mais qu’il est particulièrement condamnable de traiter des familles pauvres de cette manière. Du point de vue franciscain on devrait désigner cette forme « d’injustice préférentielle à l’égard des pauvres » non seulement comme un crime, mais plutôt comme un péché gr ave.
3. La cupidité et la convoitise sont les racines de l’injustice
A l’aide de l’histoire de la mort d’un homme marqué dans sa vie par la convoitise et l’injustice, que François décrit dans sa 2ème lettre à tous les fidèles, Fr Bill Short illustre comment saint François voit le « péché mortel » : notamment comme un péché de l’injustice dans les affaires financières à travers l’escroquerie des hommes. Afin de faire pénitence, on devrait restituer aux gens escroqués le bien mal acquis, en signe d’un acte de réparation. Des manœuvres astucieuses, comme la cession des biens mal acquis aux amis, n’auraient naturellement pas de place devant Dieu.
4. L’aumône est l’héritage et le droit des pauvres
Si l’exploitation des pauvres constitue un exemple dramatique pour une vie en contradiction avec l’évangile, comment se présente alors une réponse à la crise financière, s’appuyant sur l’évangile ? De nouveau Bill Short trouve chez François d’Assise une réponse à cette question, notamment au chapitre IX la 1ière règle non bullée : « L’aumône est l’héritage et le droit des pauvres : notre Seigneur Jésus – Christ les a acquis pour nous. »
Bill Short souligne que ce, qui est considéré couramment comme un don volontaire ou comme une aumône pour les pauvres, est pour nous franciscains un juste apport financier, une « dette », que nous avons envers les pauvres. « Ils sont l’héritage du Christ, et par conséquent ils en ont un droit garanti par écrit, qui leur a été octroyé : le droit à ce que les autres possèdent en surplus de leurs besoins. » Le principe fondamental économique d’une telle « économie évangélique » est celui de mettre à la disposition de tous, et particulièrement des pauvres, ce qui est nécessaire pour vivre.
5. Un équilibre entre le « bien-être » et un « intérêt juste »
Aussi et encore aujourd’hui on devrait considérer le profit dans un large contexte social, déclare Bill Short. Le pape Benoit XVI a aussi évoqué ce thème dans son encyclique « Caritas in veritate », dans lequel on lit en outre : « Aussitôt que le profit devient exclusivement un objectif à atteindre à n’importe quel prix, et s’il est en plus réalisé avec des moyens indécents et ne vise pas le bien-être communautaire comme un objectif, alors il menace de détruire le bien-être et de créer la pauvreté. »
6. Le bénévolat et la fraternité
Ces deux piliers de la traduction franciscaine peuvent et doivent déterminer notre agir en tant que franciscains, particulièrement suite à la crise financière internationale, affirme Fr Bill Short. « Tout appartient au Très-Haut et nous est donné comme un don. Donc le bénévolat se trouve au centre de notre réponse au monde, que Dieu a créé… Nous tous, hommes y compris toutes les créatures, avons obtenu notre vie et notre existence par la grâce d’un Dieu trinitaire, qui donne gratuitement…
Téléchargement : le texte complet en anglais
http://www.ccfmc.net/wEnglish/ccfmc/bibliothek/franc_clare_theol/Bill_Short.shtml?navid=103
Petites lectures
Deux aspects étaient très remarquables dans l’exposé de Fr Bill Short. Premièrement l’analyse solide et profonde de la crise financière et économique actuelle et deuxièmement la capacité de traduire et d’expliciter les sources franciscaines à notre époque de telle manière qu’il devint clair et évident qu’elles sont encore d’actualité à nos jours. On sentait que la spiritualité franciscaine peut réellement donner des impulsions pour la résolution des problèmes actuels. Cela se démontra aussi lors d’une vive discussion après l’exposé, ainsi que dans le travail en groupe, pour lequel Fr Bill posa les questions suivantes :
1. Quels exemples concrets existe-t-il pour notre économie franciscaine évangélique ?
2. En quoi se distinguent ces initiatives des projets traditionnels basés exclusivement sur le profit ?
3. Comment ces « initiatives de l’économie alternative » rendent possible le vrai « héritage et la justice » vis-à-vis des pauvres ?
4.
Déjà il était clair dès les premières discussions que les mécanismes actuellement en vigueur, qui engendrent les riches et les pauvres, sont inacceptables selon notre image franciscaine de l’être humain. Les pauvres ont le droit de prendre part au superflu des riches. Si quelqu’un a plus que ce qu’il lui faut, alors ce surplus appartient au « bonum commune » ; et celui qui a plus, doit mettre le surplus en circulation pour le bien-être commun. Particulièrement nous ne devons jamais nous accommoder à la thèse selon laquelle les pauvres sont à accepter et à considérer comme un produit secondaire inévitable du progrès.
Dans le travail en groupe on exprima clairement que le système économique en vigueur est incapable de résoudre le problème de la richesse et de la pauvreté. C’est pourquoi il est recommandé avec urgence de développer des nouveaux modèles alternatifs, comme par exemple des groupes d’entraide, qui prendraient eux-mêmes le problème en main ; la participation dans tous les domaines afin de faire avancer une économie solidaire ; les microcrédits pour les pauvres, comme cela est déjà pratiqué dans plusieurs parties du pays du Sud ; concevoir des réseaux, dans lesquels plusieurs initiatives s’unissent afin de mettre sur pied une alternative à prendre au sérieux par les éventuels interlocuteurs. En résumé on pouvait conclure qu’il existe déjà plusieurs initiatives, qui peuvent réellement aider les pauvres à recouvrer leur valeur propre et qui sont très proches de l’idée franciscaine.
Asie
Philippines
Le CCFMC dans le réseau franciscain
Pour le compte de CCFMC, la coordinatrice continentale Sr Jeanne Luyun, SIFC, y restitua la rencontre du comité international de CCFMC à Frascati / Rome à la fin du mois d’octobre 2009. Elle adressa un ferme appel aux supérieurs majeurs des ordres, aux frères et sœurs de leur congrégation, à encourager une intense et active collaboration aux programmes et activités de CCFMC et à appuyer le CCFMC dans l’esprit d’une collaboration interfranciscaine.
La régionalisation prévue de CCFMC en Asie / Océanie fut aussi abordée. Afin de pouvoir mettre ce plan en pratique, les membres des ordres et congrégations furent invités, par l’entremise de leurs supérieurs majeurs, à devenir des membres du comité continental de CCFMC pour l’Asie / Océanie. De cette façon ils pourraient contribuer à promouvoir le charisme missionnaire franciscain et participer à la transformation de la société.
Papua Ouest
Le nouveau coordinateur CCFMC pour le Papua Ouest face à un grand défi
Les attentes pour le nouveau coordinateur CCFMC sont multiples : il doit promouvoir et vulgariser le cours fondamental sur le charisme missionnaire franciscain dans sept régions –Jayapura, Abepura, Sentani, Wamena, Timika, Moanemani et Merauke. Pour le moment Fr Lambert se prépare à sa nouvelle fonction et organise une rencontre avec
Dans ce travail complexe de CCFMC, Fr Lambert aura l’appui de Fr Gonsa. Ce dernier est, depuis la rencontre internationale de CCFMC de Bangkok en mai 2008, un promoteur très engagé de ce programme.
Nouvelle Guinée Ouest ou Papua Ouest est la moitié Ouest de l’île Nouvelle Guinée très proche de la ligne équatoriale, qui fait partie de la République de l’Indonésie. Là-bas pour des raisons techniques administratives cette région forme la province autonome Papua, appelée autrefois Irian Ouest ou Irian Jaya indonésien, et séparée de la partie Ouest en 2003 comme Irian Jaya Barat.
Amérique Latine
Chili
Les franciscains sous le choc après le tremblement de terre
Dans la capitale Santiago le tremblement occasionna particulièrement des dégâts matériels. Dans les régions les plus touchées, la 7ème et la 8ème région dans et autour de la grande ville Concepción, le nombre des morts et l’ampleur de la destruction ne peuvent pas encore être estimées. Les franciscains de la capitale Santiago, qui se sont frayé un chemin vers Concepción à travers des rues très endommagées, racontent l’ampleur inimaginable de la destruction et des besoins de la population : pas d’eau, nourriture, électricité et un toit sûr pour dormir. En plus de cela, la saison froide et de pluie commence au milieu du mois de mars.
Notre profonde compassion à toutes les victimes de cette énorme catastrophe. Nous les portons particulièrement dans nos prières.
Dégâts dans les bâtiments et temples franciscains.
D’autres images: http://www.ofm.org/ofm/?p=684&lang=es
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Les signes de temps
Le thème écologie devient de plus en plus important
Une réjouissante nouvelle nous est parvenue de l’Amérique Latine. Stimulées par la commission latino-américaine EARWOT (L’union œcuménique des théologiens du Tiers Monde), 13 revues théologiques du continent programment de publier une édition collective sur le thème écologie. Concrètement un (ou plusieurs) numéro doit être entièrement consacré au thème écologie durant le premier semestre
Extrait de : Plattform der Befreiungsthologie, circulaire 10 – mars 2010
30ème anniversaire du martyr de Mgr Oscar Romero
En El Salvador une initiative réclame une journée nationale commémorative de l’archevêque Oscar Romero. Une demande officielle a été introduite le 23.02.2010 au parlement. Elle est approuvée par les représentants des plusieurs religions et organisations sociales. La journée commémorative devrait être le 24 mars. A cette date Romero fut assassiné en 1980 au cours d’une célébration eucharistique. Comme ténor de cette initiative se présente le président de la fondation Romero et vicaire général de l’archidiocèse San Salvador, Ricardo Urioste. Il parla de plusieurs milliers d’appui dans cette pétition. Aussi les politiciens du parti politique FMNL au pouvoir ont déjà exprimé leur approbation.
Extrait de : Plattform der Befreiungsthologie, circulaire 10 – mars 2010

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